Plan de relance : vraiment la bonne affaire pour les Outre-mer ?

Le gouvernement a annoncé ce jeudi un plan de relance post-covid de 100 milliards. Faut-il se satisfaire du milliard et demi prévu pour nos régions ?

Le Gouvernement donc lancé ce jeudi 3 septembre 2020, un plan de relance historique de 100 milliards d’euros.  L’objectif est de redresser durablement l’économie française et de créer de nouveaux emplois. Ce sont les éléments de langage de la communication gouvernementale. Dans le contexte actuel et au regard des incertitudes quant à l’avenir, même immédiat, tout est bon à prendre. Mais au-delà des urgences vitales pour les entreprises, l’ambition semble avoir du sens. Il s’agit de transformer l’économie en investissant prioritairement dans les domaines les plus porteurs. Et faire en sorte que la France puisse retrouver son niveau économique d’avant crise dans deux ans.

Quid des Outre-mer

Cette ambition est appelée manifestement a être déclinée dans nos régions. Encore heureux. Mais la question est de savoir si le compte y est vraiment. « Les Outre-mer bénéficieront pleinement de #FranceRelance. 1,5 milliards € seront consacrés en 2021 et 2022 à des projets ultramarins prenant en compte les spécificités des territoires » rappelle Sébastien Lecornu.

« Dès aujourd’hui, je travaille à décliner ce plan pour chaque territoire, en concertation avec les acteurs locaux. Pour accompagner durablement la transformation des économies, favoriser la création d’emploi local. L’enjeu est d’adapter ce plan aux réalités du terrain » a encore indiqué le ministre des outre-mer. L’objectif est aussi de relancer l’activité à court terme et préparer la France à l’horizon 2030 » a

Le péril demeure économique en Guadeloupe

Si ce cap a le mérite d’avoir été fixé, 2030 cela peut paraître loin. Dans l’immédiat, en dépit des mesures de soutien, c’est la survie de nombreuses entreprises qui est en jeu. Mais surtout les emplois bien entendu. En Guadeloupe, pour le seul secteur du tourisme, 60% de chiffre d’affaires sera perdu en 2020 (par rapport à 2019).

Plus de 500 M€ de recettes touristiques manqueront sévèrement aux entreprises locales cette année. Le recul de l’activité touristique affectera l’ensemble de l’économie guadeloupéenne. La perte totale de valeur ajoutée est estimée ainsi à un peu plus de 450 M€ cette année. C’est ce qu’indique le cabinet DME dans une étude d’impact de cette crise réalisée pour le compte de la CCI des îles de Guadeloupe.

Quelles priorités ?

Il appartient à nos élus et décideurs économiques de tirer le meilleur parti de ce plan de relance de 100 milliards d’euros. Rappelons qu’il s’articule autour de 3 priorités : l’écologie, la compétitivité et la cohésion. Ce plan s’inscrit en outre dans la continuité des 470 milliards d’euros déjà mobilisés depuis mars 2020 pour financer les mesures d’urgence destinées aux entreprises et salariés impactés par la crise sanitaire du Coronavirus COVID-19.

Les mesures du Plan de relance entreront en vigueur progressivement jusqu’en 2022. Toutefois, certaines mesures ont déjà été adoptées dans le cadre de la 3ème loi de finances rectificative (LFR3) pour 2020. C’est le cas des mesures pour l’emploi des jeunes, l’activité partielle de longue durée, le soutien financier à la relocalisation notamment.

« La plupart des autres mesures seront inscrites dans les projets de loi de finances pour 2021 qui seront soumis à examen du Parlement en octobre 2020 et votés d’ici la fin de l’année 2020. Le Gouvernement fera du suivi de l’exécution du Plan de relance une priorité de la dernière partie du quinquennat » indiquent encore les services du 1er ministre.