Pointe-à-Pitre : Harry Durimel ouvre la boite à gifles

Invité de QSD sur ETV, le maire de Pointe-à-Pitre s’est dit déterminé. Des plaintes au pénal seront déposés contre ceux qu’il accuse d’avoir pillé la ville.

Pugnace le maire de Pointe-à-Pitre. Invité de Questions Sans Détour sur ETV-Guadeloupe, vendredi 18 septembre, Harry Durimel n’a pas été avare de bonnes formules. Ni de pics en direction de ses opposants et/ou personnels réfractaires au changement. C’est que l’édile en chef pointois ne digère pas d’être toujours dans l’incapacité de mobiliser 4 de ses agents communaux pour compléter son dispositif de restauration scolaire. Face à l’incapacité de la municipalité d’assurer la continuité de ce service, la Région, le Département et les Abymes se sont mobilisés.

Mais la ville de Pointe-à-Pitre devait affecter ces quelques agents en appui et en guise de contribution à l’effort de solidarité collectif. Il n’en est toujours rien. « Nous sommes riches au moins d’une chose à Pointe-à-Pitre, c’est de notre personnel communal. Plus de 700 agents alors que l’AFD après lanalyse de notre situation, estime qu’avec 350 agents on pourrait faire fonctionner tous les services de la ville » a déclaré en substance le maire Harry Durimel.

Un prêt accordé dans des conditions douteuses

Le chef d’édilité pointois refuse d’être l’otage de ce personnel communal pléthorique. L’un des marqueurs du clientélisme qui, selon lui, a trop longtemps perduré à Pointe-à-Pire. Il faut que cela change. « Mais nous n’allons pas pouvoir gommer en quelques mois 60 années de pratiques d’emplois électoraux » a-t-il encore déclaré.  S’agissant de la situation réelle de la ville, le nouveau maire de Pointe-à-Pitre a indiqué que l’état des lieux était toujours en cours en lien avec la chambre régionale des comptes. Il a confirmé que plusieurs opérations douteuses l’ont conduit à engager des actions au pénal contre les personnes concernées.

En cause, des cadres ou employés soupçonnés d’avoir largement abusé de leurs positions et commis de nombreuses indélicatesses. « Je serais à la place à certains, je ne dormirais pas bien » a menacé Harry Durimel. Lequel a pointé du doigt également, un prêt de 36 M€ accordé par un établissement bancaire à la ville, alors que celle-ci n’y était pas autorisée au regard de sa situation. « Comment cette interdiction a-t-elle pu être contournée ? » s’interroge Harry Durimel. L’édile en chef de Pointe-à-Pitre est atterré.

Des ventes d’immeubles pour renflouer les caisses

Pour autant, la priorité de la nouvelle équipe aux affaires n’est pas de régler des comptes. Mais de bien de replacer la ville sur une trajectoire vertueuse. Le maire en est conscient : le redressement sera long. Les décisions qui s’imposent seront prise au risque d’être parfois impopulaire, a-t-il encore laissé entendre. Pour renflouer les caisses, plusieurs pistes sont à l’étude a affirmé Harry Durimel.

Le maire de Pointe-à-Pitre s’est bien gardé d’évoquer une augmentation de la pression fiscale, car celle-ci est déjà insupportable. En revanche l’idée de vendre plusieurs immeubles d’habitations collectives appartenant à la ville, à des bailleurs sociaux semble faire son chemin. « Cela pourrait rapporter entre 15 et 20 M€ d’euros » a précisé le chef d’édilité de Pointe-à-Pitre. De quoi diminuer d’autant le déficit de la ville et lui apporter ainsi un bol d’air.

Très attaché à sa profession d’avocat

Enfin, s’agissant de sa nouvelle vie de maire, Harry Durimel a indiqué être attaché à sa profession d’avocat. « C’est mon espace de liberté et je tiens à le conserver » nous a-t-il déclaré. Pas question donc pour Me Durimel d’être un professionnel de la politique. Il nous a confié enfin n’avoir toujours pas pu récupérer son bureau de maire. « Le mobilier de ce bureau a été emporté le soir même des élections, au motif qu’il n’appartenait pas à la ville. Ce n’est pas un problème. Je travaille en attendant dans le bureau de ma 1ère adjointe. Dans celui de ma directrice de cabinet ou encore à la direction générale des services. Il en faudra plus pour me décourager » s’amuse Harry Durimel avec le sourire.

« Je suis très sensible aux mauvaises vibrations. C’est pourquoi j’ai demandé que la peinture soit refaite. Car j’ai senti effectivement des vibrations négatives dans ce bureau. Il a tout de même fallu deux mois pour repeindre quatre murs. Je ne désespère pas de pouvoir enfin m’installer dans mon bureau » a-t-il conclu. Ce mandat de maire de Pointe-à-Pitre n’a décidément rien de simple. Mais Harry Durimel était prévenu.

Rediffusion de Questions Sans Détour avec Harry Durimel, le maire de Pointe-à-Pitre sur ETV, ce samedi à 12h25 et 15h14. Demain dimanche 20 septembre, à 8h, 13h et 20h. L’émission QSD est suivre tous les jours sur ETV-Guadeloupe, du lundi au vendredi à 19h45.