Pointe-à-Pitre : la CRC maintient le déficit de 75 millions d’euros

La chambre régionale des comptes vient de publier son dernier avis sur la ville de Pointe-à-Pitre. Le redressement budgétaire de la localité n’est pas pour demain.

C’est peu dire que la nouvelle majorité municipale pointoise a du pain sur la planche. Assainir les finances communales de la ville de Pointe-à-Pitre ne sera pas chose facile. Le maire Harry Durimel l’a d’ailleurs parfaitement intégré depuis qu’il a mis un terme à l’ère Bangou en juin dernier. La chambre régionale des comptes dans son dernier avis portant sur le compte administratif 2019 et le budget primitif 2020, vient confirmer une situation catastrophique. Situation pour laquelle l’exécutif municipal fraichement élu ne dispose, à ce stade, que de très faibles marges de manœuvre.

Des chiffres qui continuent à donner le tournis  

La réalité budgétaire de la ville de Pointe-à-Pitre est implacable. La CRC constate en effet après avoir épluché les livres, que le résultat global de clôture du compte administratif de 2019, s’élève à près de 76 M€. 75.916.301,01 € précisément. Ce chiffre intègre les restes à réaliser corrigés par la chambre. Quant au budget primitif de la commune pour 2020, lui aussi corrigé par les magistrats de la CRC, il est en déséquilibre de –54 556 745,93 €. Dans son avis, la chambre note que la commune de Pointe-à-Pitre n’a pas pleinement mis en œuvre les mesures de redressement recommandées depuis 2017. Elle propose que la municipalité pointoise poursuivre les mesures de redressement préconisées par la CRC dans ses précédents avis.

Des mesures de redressement récurrentes

Face à cette situation dégradée, les magistrats de la chambre exhortent la ville à intensifier ses efforts sur plusieurs points.  Au nombre de ceux-ci, l’accroissement des ressources fiscales fondé sur le suivi des bases fiscales et l’augmentation des taux. L’augmentation des recettes d’investissement par l’évaluation par le service des domaines du patrimoine dont peut se séparer la commune contre valorisation intéressante. La mise en vente effective des terrains à céder, afin que les recettes prévisionnelles revêtent un caractère certain dès le budget de 2021. La diminution des dépenses d’investissement pour ne pas recourir à l’emprunt, sauf opération relevant de la sécurité et de l’urgence.

Il est aussi demandé une réduction significative des charges de personnel par le non-remplacement des départs à la retraite. « Les besoins devront être satisfaits par le redéploiement en interne et la formation du personnel » suggère la CRC. Laquelle recommande par ailleurs, la mise en œuvre d’un plan de départ volontaire. Il est aussi fait mention du non-versement des rémunérations pour des heures non effectuées. De même que l’arrêt du paiement d’heures supplémentaires non indispensables, voire non réalisées en l’absence d’un dispositif de contrôle automatisé du temps de travail.

A la caisse des écoles ce n’est pas mieux

Dans le même élan, la chambre régionale des comptes s’est également penchée sur les finances de la caisse des écoles de Pointe-à-Pitre. Son avis rendu public a porté là aussi sur le compte administratif 2019 et le budget primitif 2020. Il en ressort que le résultat global de clôture du compte administratif de la structure au titre de l’an dernier est un déficit de 3 722 012,38 €. Et que son le budget primitif 2020 de cette même caisse des écoles pointoise est en déséquilibre de –4 054 014,60 €. Le maire Harry Durimel et son équipe mesurent à n’en pas douter, l’immensité de la tâche.