Politique : un billard à trois bandes entre GUSR, Chalus et Lurel ?

Le 2ème tour des municipales a donné le coup d’envoi de la campagne des régionales. Il va falloir compter avec le GUSR et la gauche socialiste. Ary Chalus est prévenu.

14 nouveaux maires. Des bastions qui tombent. La page du chevrisme définitivement tournée. Des dynasties à ranger aux oubliettes. La Guadeloupe s’est offerte le dimanche 28 juin 2020 une bouffée d’air démocratique. De l’oxygène pure en plein pic de brumes de sable. Il faut dire que notre archipel en avait besoin. L’électorat local quant à lui, a fait des choix forts qui engagent et obligent les vainqueurs de ce scrutin. Mais derrière cette partie visible, se cache de gros enjeux. Singulièrement, en ce qui concerne les prochaines régionales. Il n’a échappé à personne que le nuancier de la cartographie politique du pays a brutalement changé. Nos grilles de lecture aussi.

GUSR super star

Désormais, Guadeloupe Unie Solidaire et Responsable (GUSR) va peser réellement. Le parti de Guy Losbar fait le compte de ses succès. Il peut, avec le sourire, revendiquer pas moins de 13 mairies contre 3 seulement avant ce scrutin. Soit avec propres membres, comme à Morne-à-l’Eau, à Capesterre de Marie-Galante, à Capesterre Belle-Eau ou encore à Petit-Bourg. Soit à la faveur de coalitions, comme à Pointe-à-Pitre ou encore d’accords tacites à l’image de Pointe-Noire et même Bouillante. Cet ancrage territorial faisait défaut au GUSR, il est maintenant une réalité criante. De quoi permettre au parti de bâtir sa stratégie pour les prochaines régionales. Mais pas seulement. Ce maillage servira surtout pour les départementales à venir.

Les socialistes se refont une santé

Du côté de la gauche socialiste et progressiste, les défaites mornalienne et pointoise sont difficiles à encaisser. A contrario, les victoires acquises à Basse-Terre, à Vieux-Habitants, à Terre-de-Haut remettent les Lurélistes en selle avec un total d’une quinzaine mairies.

Le président de région Ary Chalus va devoir déployer toutes ses qualités de stratège s’il veut rempiler. Il a déjà montré qu’il pouvait capitaliser avec succès sur son nom et s’affranchir des logiques d’appareils.

Conséquence de cette nouvelle distribution des cartes, voilà Ary Chalus, le président de région, sous pression à quelques mois maintenant de la fin de son mandat. L’exécutif régional sortant va devoir déployer toutes ses qualités de stratège s’il veut rempiler. L’homme a déjà montré qu’il pouvait capitaliser avec succès sur son nom et s’affranchir des logiques d’appareils. Ce scénario s’imposera sans doute de lui-même. Mais pour quel dénouement.

La droite locale disparait

Quant à la droite, elle ne pourra plus avant longtemps servir de variable d’ajustement. Les déroutes de Basse-Terre, de Gourbeyre et de Capesterre Belle-Eau l’ont fait disparaître des radars, signant par la même occasion la fin de l’ère Chevry.  Enfin, les communistes, battus à Morne-à-l’Eau et Port-Louis, n’ont désormais plus de mairies en Guadeloupe. Au terme de ces municipales 2020, les rapports de forces électoraux à l’échelle du territoire ne sont par conséquent plus les mêmes. Et la tectonique des plaques peut nous réserver bien des surprises d’ici aux prochaines échéances majeures.

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