Présidence de la CANBT : Jocelyn Sapotille balance et accuse !

L’ancien président de la CANBT qui ne se représentait pas, pointe clairement du doigt le maire de Sainte-Rose qu’il accuse de trahison. Ses propos sont à lire.

On n’a certainement pas fini de parler des dessous de l’élection de Guy Losbar (GUSR) à la présidence de la CANBT. Une élection acquise au nez et à la barbe des socialistes qui soutenaient la candidature d’Adrien Baron. Lequel, sur le papier était théoriquement assuré de l’emporter. Au lendemain de ce terrible revers pour la fédération PS, Jocelyn Sapotille, le maire du Lamentin, règle ses comptes. Il prend ses responsabilités et accuse Claudine Bajazet, le maire de Sainte-Rose d’avoir trahi ses camarades. L’ancien président de la CANBT a répondu à nos questions.

La rédaction : Comment cette victoire a-t-elle pu échapper aux socialistes et apparentés à la CANBT ?

Jocelyn Sapotille : Mathématiquement nous gagnions cette élection sauf trahison. Il nous a manqué 2 voix qui sont sorties de chez nous pour aller vers le GUSR. D’ailleurs il fallait regarder les visages, certains parmi les vainqueurs étaient étonnés du résultat. C’est une victoire sans gloire, celle de la honte. Gagner en organisant la traîtrise, c’est contraire aux valeurs que je porte en politique. C’est tout cela qui détourne la population des hommes politiques. Bien dommage pour notre Pays. C’est bafouer la démocratie et tromper le peuple.

« Il nous a manqué 2 voix qui sont sorties de chez nous pour aller vers le GUSR. D’ailleurs il fallait regarder les visages, certains parmi les vainqueurs étaient étonnés du résultat. C’est une victoire sans gloire, celle de la honte »

La rédaction : Vous déplorez donc une trahison de Claudine Bajazet. Mais sur quoi le maire de Sainte-Rose s’était-elle engagée ?

Jocelyn Sapotille : Il y a des choses qui laissent perplexe. Elle a imposé son candidat dans un premier temps.  Apres discussion nous avons validé avec elle le choix d’Adrien Baron. Adrien Baron s’est fortement engagé lors de la campagne des municipales et je pense qu’elle ne serait pas sortie en tête au premier tour sans le concours d’Adrien. Elle avait promis à Adrien Baron de faire de lui son candidat à la présidence de la CANBT.

Chose qui me parait tout à fait normale. Cependant son coup de fil de la veille de l’élection m’a poussé à m’interroger sur sa loyauté. Je l’ai senti totalement affolée par l’idée qu’Adrien Baron pourrait gagner et je lui ai reproché de ne pas s’être activée pour aider son candidat.

Un autre coup de fil le matin de l’élection m’informait qu’il y aurait de la trahison dans les rangs de Sainte Rose. J’en ai informé le camarade Baron qui n’y croyait pas trop. Après l’élection du président nous nous sommes vus entre maires pour discuter des places et postes de vice-présidents. A notre grand étonnement Guy Losbar annonce avant toutes discussions que Sainte Rose est premier VP.

Je m’attendais à ce qu’elle refuse la place de 1er VP tout en acceptant d’être bien sûr parmi les VP. Le premier VP qui sera amené à remplacer le président. Voire à parler en son nom ne peut être qu’un allié politique et une personne de confiance, c’est connu. Comment Guy LOSBAR pourrait accorder une telle confiance à une personne qui a présenté un candidat contre lui ?

Au moment de choisir le 11eme VP attribué à Sainte Rose, le maire de la commune demande confirmation à M.LOSBAR. Après que madame Marc et moi-même aient avancé le nom d’Adrien BARON. Reconnaissez ! Personne ne trahit pour rien ! Selon vous qui à qui profite le crime ?

La rédaction : Compte tenu de la réaction de Claudine Bajazet par rapport à son fils que vous aviez rappelé à l’ordre à la CANBT. Vous saviez qu’il y avait un risque. Pourquoi ne l’avez-vous pas mieux appréhendé ?

Jocelyn Sapotille : Je ne pouvais penser qu’un élu avec de telles responsabilités puisse confondre ainsi les rôles. Son fils était pour moi un employé comme tous les autres avec les mêmes droits et obligations. Je ne pratique pas le favoritisme. Malgré ses multiples interventions j’ai continué à gérer le personnel de la CANBT en toute impartialité. Oui je lui ai demandé des résultats et je sais que ça n’a pas plu, mais je suis resté sur mes principes.

Son fils était pour moi un employé comme tous les autres avec les mêmes droits et obligations. Je ne pratique pas le favoritisme. Oui je lui ai demandé des résultats et je sais que ça n’a pas plu, mais je suis resté sur mes principes.

J’ai des valeurs et je fais de la politique parce que je crois en ces valeurs, la démagogie, la trahison, le favoritisme, le népotisme sont contraire à mes principes. En aucun cas je ne pouvais céder à une quelconque ingérence dans la gestion du personnel basée sur le népotisme même si cela pouvait nous coûter électoralement.

La rédaction : Vous ne pensez pas que c’est le choix Adrien Baron qui posait problème réellement. Car Trop clivant. Pas assez consensuel ?

Jocelyn Sapotille : Pas du tout. Sans trahison Adrien Baron gagnait avec 2 voix d’écart. Les résultats sont là. Il était un bon candidat comme d’autres pourraient l’être aussi. Adrien Baron a l’avantage d’être disponible car il ne cumule pas les mandats.

La rédaction : Le vote de Claudine Bajazet ne restera pas sans suites ? La fédération PS aura de la mémoire ?

Jocelyn Sapotille : Le conseil fédéral se réunira et nous examinerons le problème.

La rédaction : Les socialistes ont remporté de belles batailles en communes. Pour les communautés d’agglomération, en revanche, vous enchainez les échecs. Quel est le problème ?

Jocelyn Sapotille : Nous ne sommes pas prêts à faire n’importe quoi pour gagner. Ce qui s’est passé en Sud Basse Terre ressemble terriblement à la grande trahison politique historique de 1992. Ce qui s’est passé en Nord Basse Terre est un détournement du vote des nord-basse-terriens. Oui on peut faire des alliances de travail, surtout dans les élections de proximité. Mais construire des victoires grâce à des arrangements contraire à la volonté de la population ne correspond pas à nos principes. Nous préférons perdre et garder notre âme. Nous ne la vendons pas pour un plat de lentilles.

La rédaction : Il vous reste la CARL pour éviter que GUSR ne réalise le grand chelem. C’est le leadership de la gauche en Guadeloupe qui se joue en ce moment ?

Jocelyn Sapotille : Nous espérons une victoire de notre ami Christian Baptiste à la CARL. Cependant, je ne pense pas que l’avenir de la Guadeloupe se limite à ces petits jeux de politiciens. L’expression des électeurs lors des municipales est la principale.  Nous demeurons une force politique majeure. C’est l’occasion pour nous de nous recentrer sur nos valeurs. Et de faire la différence avec ceux et celles qui se limitent aux petits calculs électoraux immoraux bien des fois.

La rédaction : Tout cela promet pour les échéances à venir. Je veux parler des départementales, des régionales et des sénatoriales. Le PS va devoir repenser sa stratégie. Il va falloir être beaucoup plus stratège ?

Jocelyn Sapotille : Oui nous devons penser aux échéances à venir. Nous savons aussi que nous pouvons compter sur les guadeloupéens qui espèrent une politique plus propre. Plus audacieuse, plus solidaire. Plus respectueuse aussi de la diversité et de l’ensemble des courants qui existent. Le peuple est fatigué justement avec les stratégies électoralistes qui ignorent les valeurs et les vraies pensées politiques.

La Guadeloupe a connu de grands hommes politiques. Ils n’étaient pas dans la stratégie mais dans la conviction et la pédagogie. Il faut revenir aux valeurs en politique. On dit que sciences sans conscience est ruine de l’âme. Je dis que politique sans conscience est ruine de la société.

La rédaction : Que dites-vous à Guy Losbar votre successeur élu à la présidence de la CANBT ? 

Jocelyn Sapotille : Je lui souhaite la réussite. Il va retrouver une administration organisée. Un budget principal excédentaire. Cependant il aura à régler pour la piscine et la base nautique de Petit Bourg des dossiers épineux qu’il avait lui-même lancé et qui peuvent mettre sérieusement en péril l’équilibre financier de la CANBT.

Il va falloir continuer à gérer ces 2 projets en veillant à la fois à leur sécurité juridique et financière. Sur la question du transport il y a un déséquilibre financier structurel. Vu la place qu’il occupe à la Région j’espère qu’il fera rapidement débloquer les sommes dues à la CANBT. Puis il faudra prendre en charge les nouvelles compétences telles que la GEMAPI et les Zones d’Activités Économiques.

Lire aussi nos autres articles :

CANBT : le coup de force de Losbar et du GUSR

Guadeloupe : Communautés d’agglomération, mais jusqu’où iront-ils ?

Guadeloupe : La bataille des communautés d’agglo est lancée

Politique : un billard à trois bandes entre GUSR, Chalus et Lurel ?

Déja 100.000 vues et tellement de choses à partager encore