Résolution contre le racisme et l’esclavage : Maxette Pirbakas refuse de voter pour

La députée européenne RN de Guadeloupe corrigera son vote initial très contesté. Mais elle ne votera pas le texte. C’est politiquement suicidaire.

La pression de l’opinion publique du pays n’y changera rien. Pas même celle de la communauté indienne de Guadeloupe. Le lynchage dont elle fait l’objet sur les réseaux sociaux depuis le week-end dernier, non plus. Maxette Pirbakas n’est visiblement pas du genre à renier ses convictions et ses choix. Même acculée et poussée dans ses retranchements. En témoigne sa décision qui semble désormais actée. La députée européenne de Guadeloupe du Rassemblement National va rectifier son vote initial concernant la résolution sur l’esclavage et le racisme. Elle s’y était engagée. Mais selon nos informations, elle ne cédera à aucune pression et ne votera pas pour la résolution portée par Younous Omarjee adoptée vendredi dernier. Maxette Pirbakas devrait faire le choix de l’abstention. La correction sera consultable vendredi, sur le site du parlement européen. Sauf revirement.

Des pressions de toutes parts

Depuis le début de la semaine, la députée RN de Guadeloupe est sous pression. Elle a pourtant tenté de calmer le jeu en indiquant avoir voter contre cette fameuse résolution à l’insu de son plein gré. Son intention était manifestement de s’abstenir. Sauf qu’elle n’a guère convaincue avec sa communication désastreuse. Face à la vague d’indignation et de condamnation provoquée par cette affaire une clarification s’imposait. Exercice de haute voltige à haut risque pour la députée européenne. Entre la ligne de son parti et une opinion guadeloupéenne scandalisée, c’est très compliqué. Il faut craindre que son abstention ne vienne déchainer davantage les passions. Cette résolution reconnaissant -entre autres – l’esclavage comme crime contre l’humanité ne lui aura donc rien épargnée.

Un manque évident de courage politique

Pour rappel, Younous Omarjee, le député européen (LFI) qui a porté cette résolution avait pris cette position sur notre site. « Je crois qu’il n’y a pas d’autres choix qu’un vote Pour car cette résolution est historique. Nous saurons donc vite si devant le scandale elle est revenue sur sa position initiale ». De leurs côtés, plusieurs associations de guadeloupéens d’origine indienne avaient mis la pression sur Maxette Pirbakas dans une lettre ouverte largement diffusée. « Ce qu’il convient de constater, c’est qu’elle n’a pas voté en faveur de la résolution. Et tout comme l’ensemble des guadeloupéens, nous sommes indignés ! C’est une véritable insulte aux Guadeloupéens, à tous les Guadeloupéens », déclaraient les signataires. Sans doute espéraient-ils un acte politique d’apaisement. Maxette Pirbakas aurait fait le choix du ni-ni. Comment l’assumera-t-elle ? Avec ses convictions chevillées au corps. Voyons.

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