Santé : Qui veut démanteler le GIP RASPEG ?

Le groupement d’intérêt public qui coordonne les réseaux de santé en Guadeloupe subit une charge sans précédent. Pourtant, il a valeur d’exemple.

Pourquoi tant de haine ? Rien ne justifie l’acharnement dont fait l’objet depuis plusieurs mois maintenant la direction générale du GIP-RASPEG. Le groupement d’intérêt public qui coordonne les réseaux de santé en Guadeloupe est sous tension. Il est pourtant cité en exemple. C’est à lui que l’on doit la création en Guadeloupe de la plateforme territoriale d’appui (PTA). Une véritable réussite 100% guadeloupéenne en termes de mutualisation de l’offre de soin. Et surtout une première en France, dans cette configuration. Le problème vient sans doute de là. A l’heure des groupements hospitaliers de territoire, la Guadeloupe est-elle sanctionnée pour son efficacité ?

Des professionnels qui se coordonnent pour améliorer l’accès aux soins – principe même de ces GHT -, ici on sait faire. La mutualisation de fonctions supports pour répondre aux besoins des patients du territoire. C’est bien ce que met en œuvre en Guadeloupe le GIP-RASPEG depuis bientôt 10 ans.

Cette réussite doit être racontée

Le Groupement d’Intérêt Public Réseaux et Actions de Santé Publique en Guadeloupe fait figure de précurseur dans ce domaine. Mais la discrétion de sa directrice générale Myriam Chollet et de ses équipes n’a d’égal que l’humilité qui les habite. Parmi ces succès, la création en 2016, de la plateforme territoriale d’appui (PTA) de Guadeloupe. Elle apporte aux médecins traitants un véritable outil de coordination des soins en particulier dans les situations complexes. Ce dispositif, porté par le GIP RASPEG, répond à une situation d’inégalités de santé préoccupante en Guadeloupe. Et vise à « organiser les soins autour des usagers et en garantir l’égal accès ».

Une lente maturation

Pour rappel, depuis 2012 en France, les réseaux de santé évoluent. Ils tendent vers des réseaux polyvalents de proximité centrés sur la coordination des soins. C’est dans ce contexte que le GIP RASPEG est chargé depuis 2014 de mutualiser les réseaux de santé de Guadeloupe. Puis, constituer avec ces réseaux, le dispositif d’appui aux médecins traitants. Faire travailler ensemble des réseaux de santé associatifs très différents et créés, pour certains, depuis une vingtaine d’années. Ce défi est donc relevé avec succès dans notre archipel.

La structure inédite jusqu’alors en Guadeloupe regroupe les réseaux de santé du département et des îles du nord. Les parcours de soins proposés par ces réseaux couvrent un très large spectre. Asthme, périnatalité, hypertension, diabète, addictions.

Un maillon essentiel pour les gestions de crises sanitaires

Par ailleurs, récemment encore, la crise sanitaire du covid-19 a démontré la pertinence de la démarche de mutualisation portée par le GIP-RASPEG en Guadeloupe. Dès le début du confinement, le groupement a renforcé son action en direction des publics les plus vulnérables.

Durant cette période, le GIP a maintenu toutes les activités. Il fallait répondre aux besoins de nos compatriotes. Notamment en matière d’addiction, de périnatalité, d’obésité infantile, d’apnée du sommeil. Mais aussi de prise en charge de pathologies chroniques (hypertension artérielle, diabète, asthme) et d’éducation thérapeutique.

Le Groupement d’Intérêt Public a poursuivi ses missions de coordination et d’appui aux professionnels de santé. Mais aussi d’information, de sensibilisation et de prévention. Le contexte dégradé a nécessité en outre la mise en œuvre d’une communication ciblées en lien direct avec les différentes préoccupations de santé publique de notre archipel. 

Efficacité opérationnelle prouvée face au covid-19

Le déconfinement amorcé, une nouvelle étape de la gestion de crise a contraint le groupement à adapter les modalités de suivi de ses patients en priorisant le numérique. Le GIP-RASPEG s’est résolument inscrit dans cette démarche notamment à travers la téléphonie, la téléconsultation, la prévention digitale.  La structure a également contribué à l’installation de la plateforme téléphonique d’écoute Riposte COVID19.

Ce sont là des illustrations supplémentaires de la faculté d’adaptation, la souplesse d’organisation, la polyvalence et la réactivité du GIP-RASPEG. Une agilité et une expertise qui permettent de faire face aux situations de crises les plus inédites dans notre archipel.  Autant d’atouts mobilisés en permanence au service de l’offre de soins et de la santé publique en Guadeloupe. Mais aussi à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Depuis sa création, le GIP RASPEG a acquis une forte expérience en matière de coordination et de mutualisation dans le champ de la santé publique en Guadeloupe et dans les îles du Nord. Le fruit d’un travail énorme, trop peu médiatisé, malheureusement.

Qui tire les ficelles ?

Ce travail est d’ailleurs largement reconnu au sein de la FACS. Il s’agit de la fédération nationale des dispositifs de ressources et d’appui à la coordination en santé. La forte implication de la directrice générale du GIP-RASPEG Myriam Chollet y est saluée.

A la fois comme co-responsable pédagogique du Diplôme Inter-Universitaire « Construction et Coordination des Parcours de Santé » en Guadeloupe. Mais également pour son engagement dans l’élaboration, au sein de la FACS, des principes de constitution des Dispositifs d’Appui à la Coordination en santé.  Est-ce cette compétence guadeloupéenne qui dérange ?  

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