Séisme politique en Guadeloupe : Et Cédric Cornet remporta la mairie du Gosier

Comment ce jeune a réussi marche après marche à déjouer tous les pronostics au Gosier et à braver la calomnie. Ce qu’il a réalisé est tout simplement énorme.

A sa place, beaucoup aurait renoncé. Sans doute était-il le seul à y croire. Cédric Cornet n’en déplaise à ses détracteurs et opposants les plus acharnés a frappé un grand coup.  Les charges violentes dont il a fait l’objet sur les réseaux sociaux, sur certains médias, sur fond de calomnie et de condamnation judiciaire, n’y ont rien fait. Les électeurs du Gosier ont fait leur choix. Et pour le coup, leur sentence est irrévocable. L’histoire politique de ce pays retiendra que l’on peut avoir été trainé dans la boue et remporter une élection dans une des communes les plus convoitées de notre archipel. C’est que la victoire de Cornet est claire, nette et sans bavure. Les 4724 suffrages qui se sont portées sur son nom ont donc voté en leur âme et conscience pour celui que le système a tenté d’éliminer politiquement. C’est ce que soutiennent ses partisans. Toutes et tous seraient-ils des délinquants sexuels ? Et les électeurs de Cornet, des soutireurs comme on dit dans notre beau créole ?

Une gifle électorale historique

L’on notera que Cédric Cornet inflige tout de même 2400 voix d’écart à Jean-Claude Christophe, l’un des 3 candidats de la majorité sortante. Même en y ajoutant les suffrages obtenus par Patrice Pierre-Justin (1402 voix) et Jocelyne Virolan (962 voix), cela n’aurait pas fait l’affaire. C’est dire l’ampleur de la vague Cornet. Une déferlante venue de très loin et que la majorité sortante n’a pu esquiver par sa bêtise. Autant de candidat du même camp dès le 1er tour, cela relevait du suicide politique. Une quadrangulaire avec 3 de ces mêmes candidats de l’équipe Dupond-Gillot. Autant dire que Cédric Cornet avait d’emblée une voie royale devant lui. Mais cette victoire ne lui a toutefois pas été servie sur un plateau.

Derrière le vote Cornet, l’expression d’un rejet total

Il a fallu au jeune gosiérien une détermination rare et une force de caractère exceptionnelle pour braver tant de haine. Cette consécration l’intéressé l’a construite depuis son entrée en politique. Ses atouts, un discours accessible, à certains égards, populiste. Une omniprésence à la fois sur le terrain et sur les réseaux sociaux. Mais surtout le pari d’avoir fait de la problématique de la distribution de l’eau la colonne vertébrale de son engagement électoral. Et puis, élément important. Cédric Cornet n’a pas relâché ses efforts. Après avoir viré en tête lors du 1er tour, il a continué à faire campagne, à sa façon, durant toute la période de confinement. Là où ses adversaires peaufinaient leur stratégie de division. L’équipe sortante ne peut donc s’en prendre qu’à elle-même. Quant à Cédric Cornet, il n’a pas volé son triomphe. Maintenant, l’accession au pouvoir est une chose. Sa pratique en est une autre. On demande à voir sur la durée.