SYVADE : Dominique Biras élu président

Connu pour sa grande discrétion, c’est sans faire de vagues que Dominique Biras s’est emparé de la présidence du SYVADE ce jeudi matin. Une lente ascension.

Dominique Biras succède donc officiellement à Michel Rinçon à la tête du SYVADE, le syndicat de valorisation des déchets en Guadeloupe. Pas plus qu’on ne l’avait vu venir à la 3ème vice-présidence de Cap-Excellence, c’est avec la même discrétion que l’intéressé a fait campagne. Une campagne des plus discrète et qui s’est par conséquent avérée d’une grande efficacité. Certes, l’homme – de réseau ? –  se savait soutenu par le président de Cap-Excellence, Eric Jalton. Mais d’autres velléités semblaient vouloir s’exprimer au sein de cette même majorité municipale abymienne. Des ambitions qui se sont finalement calmées au profit de Dominique Biras. Seul candidat, il a été élu à l’unanimité.

Un parcours solide

Surtout connu dans le secteur du funéraire, avec les pompes funèbres Biras, leader sur le marché local. Ce chef d’entreprise visionnaire a su développer ses activités en Martinique, en Guyane, mais aussi en Haïti. Sa parfaite maîtrise du métier et de ses enjeux l’a conduit à occuper pendant plus de 20 ans la vice-présidence du syndicat de la profession en Guadeloupe. Il fut aussi vice-président de la fédération nationale du secteur et référent pour les outre-mer.

Dominique Biras a également été vice-président de la CCI de Pointe-à-Pitre à l’époque et membre fondateur de la CGPME-Guadeloupe. En outre, c’est à lui que l’on doit la préfiguration de l’actuel réseau de transport urbain Karu’lis. Réseau dont il aurait pu revendiquer la présidence lors de la création du syndicat mixte des transports (SMT). Il en avait la légitimité, mais il a préféré manifestement se concentrer à ce moment-là sur ses activités.

Chef d’entreprise et stratège

C’est donc un élu ayant largement fait ses preuves dans le monde de l’entreprise qui accède à la présidence du SYVADE. Le profil idéal pour ce type de structure qui requiert pour un pilotage efficace et à la hauteur des enjeux, une approche entrepreneuriale. D’autres qualités que l’on prête volontiers à Dominique Biras seront aussi appréciées. C’est un bosseur qui se donne les moyens de maîtriser ses dossiers. Il devra néanmoins faire preuve de diplomatie. Et restaurer un vrai dialogue social au sein de la structure régulièrement secouée par des mouvements d’humeur des agents.

Vers l’émergence d’un vrai pôle industriel ?

Rappelons que le SYVADE de la Guadeloupe exerce en lieu et place des collectivités membres, les missions de service public de traitement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés. Il n’est compétent qu’en matière de traitement. Il ne peut intervenir en matière de collecte traditionnelle. Depuis 2017, sur le site de la Gabarre, le groupement Séché/Gaddarkhan exploite une unité de valorisation énergétique du biogaz.

Un appel d’offres en ce sens avait été lancé en 2015 pour capter le gaz méthane issu de la fermentation des déchets et en le transformer en énergie stockable. C’est ainsi 18 000 KWh qui sont produits chaque année, au service de la consommation électrique de la population locale. Une contribution à la transition énergétique, à l’autonomie énergétique de la Guadeloupe. Désormais, l’objectif est de faire de ce site de la Gabarre, un véritable pôle industriel de traitement et de valorisation des déchets.

Une obligation de résultat comparable à celle de l’eau

Par ailleurs, l’on notera qu’une douzaine de commune composent actuellement le SYVADE. Auxquelles il faut ajouter Capex, la CANBT, la CCMG, la Région et le Département. La Communauté d’agglomération du nord Grande-Terre est sortie du syndicat en 2019. La CANGT souhaite créer, avec la CARL, sa propre unité de traitement et de valorisation des déchets, au Moule, non loin de Gardel. Une future structure qui doit être couplée à la centrale bagasse d’Albioma.

En 2017, 381.819 tonnes de déchets ont été réceptionnées dans les centres de tri et de traitement en Guadeloupe (hors déchets BTP). 137.107 tonnes ont été orientées vers des filières de valorisation, soit 13 % de plus qu’en 2016 (source ADEME). Les derniers chiffres disponibles relatifs au tonnage total annuel enfoui sur le site de la Gabarre font état d’un peu moins de 130.000 tonnes. Dont 104.000 tonnes d’OMR, les ordures ménagères résiduelles. Avec le très complexe dossier de l’eau, les déchets constituent l’autre fort enjeu de notre archipel en termes de politiques publiques et de services aux administrés.