Vols PTP-FDF : Air France favorisée au détriment des compagnies régionales ?

La compagnie Air Antilles vient de se voir refuser un vol vers Fort-de-France au départ de Pointe-à-Pitre, pour privilégier Air-France. Est-ce légal ?

Les nuages semblent s’accumuler dans le ciel des Antilles. Plus qu’ailleurs visiblement pour nos compagnies régionales. En témoigne, ce début de bras de fer sans doute entre Air-Antilles et les autorités. Selon nos informations, le transporteur aérien a demandé l’autorisation d’opérer un Pointe-à-Pitre et Fort-de-France ce mercredi 14 mai. Le départ de Pôle Caraïbes était prévu à 16h, pour une arrivée en Martinique à 16h45. Le vol retour devait décoller de l’aéroport Aimé Césaire à 17h15 et atterrir en Guadeloupe, vers 18h.

Fin de non-recevoir

A l’origine, ce vol était destiné aux passagers du vol annulé la veille, à d’autres en transit et à ceux qui souhaitaient revenir en Guadeloupe. Au total, 64 passagers sur le tronçon PTP-FDF et 68 dans l’autre sens. Compte tenu de l’arrêté préfectoral datée du 12 mai, Air-Antilles a donc sollicité l’autorisation d’effectuer ce vol. Le transporteur a pris le soin de préciser qu’en cas d’accord, tous les passagers seront avertis des mesures en place. Mais la compagnie se voit opposer un niet au motif « que le vol hebdomadaire d’Air-France permet de satisfaire la demande ». Incompréhension totale chez Air-Antilles. Or donc, Air-France serait de fait, la seule compagnie habilitée à effectuer des vols entre la Guadeloupe et la Martinique. A quel titre, sachant que sauf erreur, il n’y a eu aucun appel d’offre.

Offre suffisante ?

Car il est bien là le souci. Aujourd’hui Air-Antilles. Demain Air-Caraïbesdéjà mise à mal également sur le transatlantique. Les compagnies régionales sont fondées à demander sur quelles bases juridiques on leur refuse d’opérer librement entre Pointe-à-Pitre et Fort-de-France. L’argument de l’offre suffisante sur Air-France tient-il ? On a de sérieuses raisons d’en douter. Cette décision des autorités est très risquée car il n’y a aucune limitation d’exploitation sur la ligne.

Distorsion de concurrence

Ce qui revient à accorder une préférence à une compagnie, en l’occurrence Air-France, en distorsion avec les règles de concurrences et ce sans le moindre appel d’offre. Toutes les conditions sont réunies pour que l’on se dirige vers des contentieux. Car les restrictions, faut-il le rappeler, sont sur les passagers et non sur les compagnies. Ce nouveau couac intervient au moment où le secteur aérien est au bord de la faillite. Après l’avantage concurrentiel servi sur un plateau à Air-France sur le transatlantique, la mise à mort de nos compagnies régionales serait-elle programmée ? Affaire à suivre.

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